Alita : Battle Angel (2019), un film de Robert Rodriguez

Date de sortie 13 février 2019 (2h 02min)
De Robert Rodriguez
Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly plus
Genres Science fiction, Action
Nationalités américain, argentin, canadien

Synopsis et détails

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé – elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer.

Qualité standard ( 480p )

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Une demi-heure en moins, un pedigree moins illustre et Alita : Battle Angel remplirait avec les honneurs son office de film du samedi soir. Mais cette adaptation du manga Gunnm est attendue depuis si longtemps qu’elle croule sous le poids des désirs et des craintes. Ceux des millions de lecteurs de Yukito Kishiro, ceux des fidèles de James Cameron qui en a acquis les droits – sur les conseils de Guillermo del Toro – au début de ce siècle.

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Après la réorientation professionnelle du metteur en scène de Titanic – qui se consacre désormais uniquement à la culture numérique des Na’vi d’Avatar –, la réalisation d’Alita a été confiée à Robert Rodriguez. C’est à lui que l’on doit sans doute le parfum de série B qui flotte sur le film. C’est cet arôme qui dissipe en partie l’impression qui naît, au bout de ces deux heures de débauche de pixels organisés en trois dimensions, d’assister à une démonstration de savoir-faire destinée à on ne sait quels investisseurs.

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Alita est un cyborg, dont l’humanité est tributaire des artefacts fabriqués par d’autres humains. A l’écran, l’actrice Rosa Salazar devient – par la grâce de la performance capture et de la réécriture numérique des images – un être dont l’inhumanité se perçoit essentiellement lorsqu’elle est juxtaposée à l’humanité intégrale des membres d’une impressionnante distribution : Christoph Waltz en génie de la fusion des corps et des machines, Jennifer Connelly, son épouse et collègue, passée du mauvais côté de la barrière, Mahershala Ali en entrepreneur délinquant qui règne sur Iron City.

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Après l’apocalypse

Car cette histoire se passe dans une de ces villes où vivotent les humains après l’apocalypse, pendant qu’au-dessus d’eux flotte une île d’abondance. L’architecture, l’atmosphère des rues évoquent vaguement l’Amérique latine, plus sûrement une impression de déjà-vu. C’est dans la décharge d’Iron City, remplie des détritus jetés de l’île dans le ciel, que le docteur Ido a découvert les restes d’un cyborg au physique d’adolescente. Après lui avoir rendu une forme humanoïde, le docteur se spécialise dans l’augmentation des capacités sportives des adeptes du motorball, sport ultraviolent et opium du peuple.

La frêle jeune fille (le bon docteur lui a donné le corps de sa fille disparue) se révèle bientôt être une guerrière capable de répandre la mort et la destruction, donc de faire une excellente concurrente dans la perspective de la prochaine compétition de motorball. Laquelle fournit au film un morceau de bravoure qui témoigne du savoir-faire des programmateurs et graphistes sans rien apporter à l’intrigue.